Avec Antonio Zambujo, star du fado portugais

L’auditorium de la Cité de la culture accueille le 19 octobre une icône moderne du fado. Compagnon de Chico Buarque et rénovateur du fado, Antonio Zambuja donnera un récital unique.

Au fil des ans, le public tunisien s’est accoutumé aux mélopées du fado et aux artistes de ce genre musical essentiel dans la tradition portugaise. En effet, les chanteurs et surtout les chanteuses se sont succédé depuis une vingtaine d’années et ont conquis un public ravi de découvrir les subtilités de ces mélopées lusitaniennes et aussi leur relation avec le malouf tunisien.

Le fado nouveau est arrivé!

Les récitals de fado se succèdent donc et à chaque fois, ce sont de nouvelles sonorités et approches qui sont à l’honneur. En effet, cet art musical n’est pas resté figé dans l’espace de la convention et a su trouver les moyens de sa régénération au contact d’autres styles et traditions. Ainsi, le fado a ses interprètes classiques mais aussi un nombre important de chanteurs qui misent sur le métissage et la fusion.

D’abord, ce furent de nouveaux instruments qui furent introduits comme par exemple le saxophone qui sublime les voix des fadistas. Ensuite, ce furent des accents jazz qui firent leur apparition et insérèrent le fado dans les expressions renaissantes. Enfin, la proximité des artistes portugais et brésiliens a apporté une vitalité nouvelle au fado, sans parler de l’apport débridé en provenance du Mozambique ou de l’Angola. En un mot, le fado unifiait l’espace lusophone tout en se métissant. De fait, c’est un nouveau fado qui a vu le jour ces dernières décennies, un fado qui garde son ancrage et ses référents mais qui prend un nouvel essor avec des ailes multicolores.

La sensualité du fado et l’intensité du jazz

Antonio Zambujo est l’un des représentants les plus emblématiques de cette nouvelle vague du fado. Pour lui, le nouveau fado passe par le jazz et la bossa nova. Zambujo innove, le sait et conquiert l’étiquette de révolutionnaire des sonorités. Ainsi entre tonalités brésiliennes et envolées jazz, il produit des sonorités à nulles autres pareilles. Car Zambujo est un alchimiste né qui sait préserver la sensualité inné du fado pour la marier à l’intensité du jazz. Avec lui, la saudade retrouve ses marques mais avec une touche à la Chet Baker.

Entre grands brésiliens, standards du jazz et classiques du fado, il défriche une voie royale qui le mène actuellement à une notoriété mondiale.

Celui qui joue à guichets fermés là où il se produit donnera un récital unique ce 19 octobre à la Cité de la culture. Il y reprendra certaines de ses oeuvres les plus connues ainsi que des extraits de son dernier album, sorti en 2016 et dans lequel Chico Buarque fait une apparition très évocatrice de la complicité qui lie ces deux musiciens. Ce récital est organisé avec l’appui de l’ambassade du Portugal en Tunisie qui, grâce à la persévérance de José Ludovice et son équipe, est en passe de consolider une belle coopération avec la Cité de la culture et son pôle musical. Au grand bonheur des mélomanes et des nombreux amateurs tunisiens de fado.

 

Hatem BOURIAL

 

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