Comment le Portugal peut inspirer la Tunisie dans son redressement économique

« Si je suis revenu à Tunis pour la deuxième fois en quelques mois seulement, c’est que pour le Portugal, la Tunisie est un pays à fort potentiel. Et lorsque nous misons sur un pays, c’est pour le long terme. » D’emblée, Luis Castro Henriques, président de l’Agence pour l’investissement et le Commerce Extérieur du Portugal (AICEP) annonce la couleur. Il était là en novembre dernier lors de la visite du Premier Ministre António da Costa et le voilà venu spécialement de Lisbonne, célébrer avec le ministre du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale, Zied Ladhari et le président de l’Utica, Samir Majoul, le lancement officiel de la Chambre Tuniso-Portugaise de Commerce et d’Industrie et de l’Association d’Amitié Tunisie-Portugal.

Devant près d’une soixantaine d’opérateurs économiques tunisiens et portugais, le trio à l’œuvre pour la promotion du partenariat et des flux financiers et commerciaux sont enthousiastes. Hichem Elloumi, vice-président de l’Utica et qui a implanté une grande unité industrielle au Portugal préside du côté tunisien le conseil d’affaires. Me Donia El Hedda Ellouze, qui « pratique le Portugal depuis plus de 20 ans », est présidente de la Chambre de Commerce et d’Industrie alors que l’ingénieur informaticien, chef d’entreprise et surtout longtemps redoutable attaquant du Vitória Sport Clube Guimarães, est à la tête de l’association d’amitié. Entre les dirigeants et les adhérents des trois entités complémentaires, la synergie est totale.

« Je reviendrai avec plaisir en Tunisie lorsque vous atteindrez 100 adhérents », promettra Luis Castro Henriques. « Vous risquerez d’être à nouveau parmi nous très rapidement », l’assurera le dynamique ambassadeur du Portugal, José Ludovice. « Ils sont déjà dans la salle », confirmera Samir Majoul.

Un engagement collectif

Le président de l’Utica entrera rapidement dans le vif du sujet. « Ce qui est impressionnant dans le cas d’école que représente le Portugal, c’est la capacité de tout un peuple à se mobiliser de toutes ses énergies et de consentir ensemble tous les sacrifices nécessaires afin de surmonter les difficultés et redresser l’économie, le pays. Votre réussite dans cette remarquable transition est pour nous source d’inspiration. »
« Je me rends régulièrement depuis plus de 20 ans au Portugal et travaille avec la communauté d’affaires : je peux le confirmer. Cet engagement collectif est admirable », dira de son côté Me Donia El Hedda Ellouze. Et d’ajouter : « Nous célébrons aujourd’hui l’activation de nouveaux instruments qui nous permettront de jeter des ponts solides entre les deux pays. »

S’enrichir des complémentarités

Le ministre Zied Ladhari apportera tout l’appui du gouvernement tunisien, sans manquer de challenger les opérateurs économiques tunisiens et portugais. Il commencera par souligner combien l’amélioration du climat d’affaires au Portugal et l’assouplissement des modalités d’investissement, avec la multiplication des incitations, ont largement contribué à la relance économique et son accélération. Avec 816 MD, le Portugal est le 5ème investisseur étranger en Tunisie (près de 90 entreprises et 3.000 emplois. Une forte concentration demeure dans le secteur cimentier. Les échanges commerciaux sont en légère hausse de 4% en 2017, avec un déficit au détriment de la Tunisie. Il va falloir engager plus de PME à sceller des partenariats mutuellement bénéfiques, recommandera-t-il.
C’est aussi l’avis de Hichem Elloumi : les gros investissements structurants sont nécessaires et utiles. La diversification du tissu d’entreprises et l’encouragement des PME est essentiel.
La Tunisie, marché prometteur, le Portugal source d’inspiration : on gagne tous à nous enrichir des complémentarités, conclura Me Donia El Hedda Ellouze.
T.H

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